Comédie

Published on février 10th, 2014 | by Exterminator

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Un Eléphant ça Trompe Enormément de Yves Robert 1976

Avec : 

  • Jean Rochefort : Etienne
  • Claude Brasseur : Daniel
  • Victor Lanoux : Bouly
  • Guy Bedos : Simon

Origine : France

Durée : 100 Min

Étienne (Jean Rochefort), la quarantaine, marié, fidèle, heureux père de famille (marié à Marthe), tombe amoureux fou de Charlotte (Anny Duperey), une jeune femme, juste entraperçue, vêtue de rouge. Il partage la passion du tennis avec ses trois meilleurs amis, Simon, Daniel et Bouly. Simon (Guy Bedos) est médecin et étouffé par les perpétuelles intrusions de sa mère (Marthe Villalonga), caricature de mère pied-noire abusive, dans sa vie. Daniel (Claude Brasseur), garagiste, ne parvient plus longtemps à cacher à ses amis qu’il est homosexuel. Bouly (Victor Lanoux), séducteur impénitent, tombe de haut quand il découvre que sa femme a quitté le domicile conjugal avec meubles et enfants. Étienne, bien que méprisant les coureurs, succombe finalement aux charmes de sa belle inconnue mais celle-ci lui fait vite comprendre que ce sera une aventure sans lendemain.

Si il y a un genre que le cinéma français maitrise plutôt pas mal, c’est bien le film de « potes ». Ces films où chaque homme, en pleine crise de la quarantaine (ou moins), peut aisément s’amuser à se reconnaitre dans ses diverses galeries de personnages confrontées à toutes sortes de questionnements et de remises en cause. On se souvient recemment des aventures des Lavoine, Darmon, Daroussin et Campan dans l’excellent dyptique de Marc Esposito, « Le Coeur des Hommes » tiraillés entre leur peur de vieillir, de ne plus plaire, de s’enfermer dans un train train qui peut d’avérer définitif…Deux films symboles d’une génération qui succèdent au film de Jean Marie Poiré, réalisé 15 ans plus tôt, « Mes Meilleurs Copains », autre chronique de copains à l’aube de leur passage à l’age mûr, où cette fois-là c’était les Bacri, Clavier, Lanvin et (encore) Daroussin qui subissaient de plein fouet la crise du quadra.

Mais avant eux, c’est Yves Robert grace à un très bon scénario de Jean Loup Dabadie qui, en 1976 allait lancer cette « mode » du film de « potes » avec ce portrait de quatre amis, tous très différents mais extremement soudés. D’abord focalisé sur les envies d’adultère d’un Jean Rochefort qui, entre un boulot qui l’ennuie et une femme trop occupée à reprendre ses études, rêve d’une jeune femme mystérieuse entrecroisée dans un parking souterrain, le film va donc s’ouvrir rapidement vers les autres membres de sa « bande ». Tout d’abord, il y a Bouly, joué par Victor Lanoux, coureur de jupons qui va découvrir un matin que sa femme s’en est allée avec les enfants et les meubles. Puis, c’est Claude Brasseur qui cache son homosexualité en draguant à tout va des jeunes femmes devant ses potes. Et enfin,  il y a le personnage de Guy Bedos, celui d’un médecin hypocondriaque sous influence castratrice d’une mère possessive admirablement jouée par l’excellente Marthe Villalonga.

Le piège le plus dangereux que Robert et Dabadie ont admirablement évité, c’est celui de la caricature. En effet, on aurait pu facilement tomber dans la comédie de boulevard la plus vulgaire avec notamment, l’histoire d’adultère de Rochefort mais les deux auteurs, par une série de situations cocasses et des dialogues savoureux, parviennent à traiter le sujet grace à une finesse tout à fait appréciable. Il en est de même avec les histoires de Lanoux et Bedos qui sont abordées avec la même justesse et la même tendresse.

On regrettera cependant la manière trop superficielle avec laquelle est amenée puis traitée l’homosexualité du personnage de Claude Brasseur. Visiblement mal à l’aise avec le sujet, Robert et Dabadie, qui ont tout de même le mérite de l’introduire dans une société qui le rejette encore en bloc, peinent à faire exister ce membre parmi les autres.

Rien de bien grave tant cette chronique fonctionne avec une dynamique à toute épreuve, se détachant aisément d’une grande partie de la production de l’époque. Après moults visionnages, on ne s’en lasse toujours pas.

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Un Eléphant ça Trompe Enormément

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